Espace de Thérapies Emotionnelles

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L’emprise affective ou les parents toxiques

Vous n'êtes pas ce qu'on vous a fait... Rappelez-vous que votre nature profonde est faite d'amour et de lumière.


Les parents toxiques sont des parents qui créent de façon inconsciente une relation de dépendance avec leur enfant vis à vis d’eux, l’enchaînant psychologiquement. Le petit enfant vient au monde avec des besoins et des sentiments. Il y a le besoin de survie (manger, boire, être soigné et protégé) et les besoins d’ordre psychologiques (être aimé, respecté écouté et guidé). Les parents toxiques ne sont pas en mesure de respecter les besoins de leur enfant, ni ce qu’il est. De gré ou de force, ils façonnent l’enfant à l’image idéale qu’ils ont de lui. L’enfant n’a pas le droit d’exister tel qu’il est. Ses besoins et ses sentiments propres sont systématiquement brimés car considérés comme dangereux ou inadaptés. Comme l’enfant a besoin d’amour pour survivre, il va progressivement réprimer ses besoins, les considérer comme dangereux, malsains et va tenter de s’adapter aux désirs de ses parents. Nié dans son essence même, l’enfant entre dans une dépendance vis à vis de ses parents et devenu adulte continuera à vivre dans cette même dépendance.
Les parents toxiques n’amènent pas leur enfant à grandir dans la confiance, dans l’autonomie, ni à la maturité.
La toxicité de parents « ordinaires » qui sont dominateurs, critiques, méprisants et/ou manipulateurs, et font ainsi preuve d’une toxicité insidieuse qui leur semble naturelle, persuadés qu’ils sont de la légitimité de leur comportement envers leurs enfants. Sous les apparences de l’éducation, les propos tenus aux enfants sont trop souvent des violences ordinaires qui conduisent à l’opposé de l’intention supposée de l’éducateur.

Le déni de réalité est la conséquence d’un refus inconscient lié aux multiples frustrations, auxquelles l’enfant doit faire face afin de se civiliser. Depuis sa conception, puis tout au long de son développement, afin d’arriver à devenir sujet de son existence et non un objet qui subit, chaque étape de la croissance humaine est une séparation à accomplir, en même temps qu’une souffrance à surmonter, puis à intégrer. Et il est difficile d’accepter que le mode éducatif de nos parents ait pu nuire à notre épanouissement, ait créé des schémas de comportements dévastateurs répétitifs ainsi qu’une prison psychique.

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Pour aborder ce sujet, je me suis inspirée du travail de Suzam FORWAD « LES PARENTS TOXIQUES COMMENT ECHAPPER A LEUR EMPRISE» et vous propose un résumé de la définition de ce type de parents et de familles.

L’auteur aborde la vie problématique des adultes qui, dans leur enfance et leur adolescence, ont eu des parents qui ont causé des dommages considérables au développement de leur personnalité.

L’auteur a puisé largement dans ses expériences vécues avec ses patients. Elle décrit les parents « toxiques » qui ont été soit alcooliques, coupables de sévices physiques ou d’abus sexuels, ou alors ils ont été démissionnaires, dominateurs, critiques, méprisants, manipulateurs.

Susan Forward montre comment la façon d’agir répétitive et insidieuse de ces parents provoque des dommages émotionnels qui se répandent dans l’être de l’enfant. La souffrance que ces blessures ont entraînée, grandit avec l’enfant s’insinuant dans la structuration de toute sa personnalité. Ces enfants devenus adultes restent en grande souffrance dans leur vie professionnelle, sociale, affective, sexuelle. Paradoxalement, ils restent liés étroitement à leurs parents et leur famille.

Nous sommes nombreux à avoir des difficultés pour voir que nos relations avec les parents ont un impact majeur sur notre vie.

Nos parents plantent en nous des graines mentales et émotionnelles qui se développent en même temps que nous. Dans certaines familles se sont des graines d’amour de respect et d’indépendance. Mais, dans d’autres, ces graines sont la peur, l’assujettissement ou la culpabilité.

Tous les parents ont des déficiences occasionnelles, ce ne sont que des humains. La plupart des enfants s’en accommodent s’ils reçoivent leur content d’amour et de compréhension.

Les parents toxiques, eux, infligent à longueur de temps, traumatismes, abus, critiques à leurs enfants et la plupart du temps ils continuent à se comporter ainsi même si les enfants sont devenus adultes. Les enfants de parents toxiques se sentent consciemment ou inconsciemment coupables des abus de leurs parents et cela entraîne à l’âge adulte manque de confiance en soi et mauvaise estime de soi.

 

I. LES PARENTS-DIEUX

Bébés, nos parents sont pour nous des dieux sans lesquels nous ne pourrions survivre, ils nous donnent amour, protection, abri et nourriture. N’ayant rien ni personne à qui les comparer nous supposons qu’ils sont des parents parfaits ainsi nous nous sentons en sécurité. A partir de 2/3 ans nous commençons à nous battre pour nous constituer une identité propre pour affirmer notre volonté personnelle. Ce processus de séparation a son point culminant pendant l’adolescence. Les familles normales essaient de tolérer, d’encourager l’indépendance naissante.

Les parents toxiques considèrent la révolte ou les différences individuelles comme des attaques personnelles. Ils se défendent en renforçant l’incapacité et la dépendance de l’enfant. Au lieu d’encourager un développement sain, ils le sapent, souvent persuadés que c’est pour le bien de l’enfant. Il en résulte des vrais ravages sur l’amour propre de l’enfant :

- il devient ainsi de plus en plus dépendant.

- Il a un besoin grandissant de croire que ses parents sont là pour lui donner la sécurité et le nécessaire

- Il accepte d’être responsable de la conduite de ses parents pour donner un sens à leurs attaques physiques et émotionnelles.

L’enfant pense soit qu’il est mauvais et que ses parents sont bons, soit qu’il est faible et ses parents sont forts.

Ces croyances puissamment ancrées restent et pour reprendre sa vie en main il faut affronter la vérité, ses parents « divins » l’ont trahi au moment où il était le plus vulnérable.

Pour se protéger de cette terrible vérité l’enfant préfère établir des mécanismes de défense :

- la dénégation, en déguisant pour minimiser et même nier l’impact de certaines réalités pénibles. Le déni peut aller jusqu’à oublier ce que les parents ont fait.

- Le recours à la rationalisation, en utilisant de « bonnes raisons » pour expliquer et éliminer les faits douloureux et rendre acceptable l’inacceptable.

- Le déplacement des ressentiments, pour ne pas renoncer au mythe des parents parfaits et déifiés, les enfants transfèrent leur colère sur une autre personne ou sur eux mêmes.

La mort n’enlève rien au pouvoir des parents au contraire, bien souvent la déification est amplifiée.

Au lieu de se libérer d’eux, les survivants restent prisonniers de leurs émotions.

Il est important de remettre sur terre les parents toxiques pour pouvoir porter sur eux un regard réaliste et ainsi rééquilibrer les relations.

 

 

II. LES DIFFÉRENTS TYPES DE PARENTS TOXIQUES

 

1) les parents déficients

Les parents ont des devoirs vis à vis de leurs enfants de pourvoir à leurs besoins matériels, de les protéger de tout dommage physique et émotionnel, de répondre aux besoins de leurs enfants en matière d’amour et d’attention, de fournir à l’enfant des directives d’ordre moral.

Les parents déficients sont souvent dans l’incapacité à répondre à ces besoins et souvent ils comptent sur leurs enfants pour prendre soin de leurs besoins à eux et ils l’exigent même.

Dans ce cas les rôles familiaux deviennent flous, déformés ou inversés. L’enfant n’a pas de modèle pour apprendre et progresser, il part à la dérive dans un océan hostile de confusion.

L’enfant est privé de son enfance et cela peut prendre différentes formes :

 

- l’enfant doit se changer en adulte pour remplir les responsabilités d’un parent déficient, c'est-à-dire prendre en charge le foyer, les frères et sœurs et le parent déficient. Souvent il échoue dans ce rôle d’enfant-parent, il en retire des sentiments de culpabilité et de ne pas être à la hauteur. Adulte, il entre dans un cercle vicieux : accepter des responsabilités pour tout, échouer irrémédiablement, se sentir coupable et incapable et réagir en redoublant d’efforts. La personne est asservie, elle cherche sa valeur personnelle dans le travail et ne met pas de limites.

 

- L’enfant porte secours à un parent déficient obsédé, drogué, brutal ou excessivement dépendant et en devient responsable. L’enfant devient co-dépendant et par la même occasion une victime. Ce comportement le suivra toute sa vie, il cherchera quelqu’un à sauver. La personne aura beaucoup de difficultés à définir sa propre identité et à fixer de saines limites.

 

- L’absence physique d’un parent (suite à un divorce par exemple) provoque un sentiment particulièrement douloureux de vide et de manque chez l’enfant. Ce dernier rationalise souvent en prenant sur lui la responsabilité de l’événement. Il se déteste, il n’a pas de sens ni de but dans sa vie, le sentiment d’invisibilité causera beaucoup de dommages dans sa vie.

 

Ces parents toxiques, déficients, suscitent souvent de la pitié et leurs enfants ressentent des sentiments protecteurs à leur égard.

Pour ces personnes il est important de voir qu’on les a forcées à grandir trop vite et qu’on leur a volé leur enfance.

 

2) Les parents dominateurs

L’autorité est bonne si elle est adaptée au stade de l’enfant, tant qu’il est petit il a besoin d’être gardé et protégé.

L’autorité devient abusive, si elle retient l’enfant et l’empêche de faire ses propres expériences.

L’enfant devient alors craintif et anxieux, il aura toujours besoin du conseil des parents qui l’envahissent, le manipulent et le dominent. Il a un grand sentiment d’impuissance. La crainte de ne plus être nécessaire est souvent le moteur de ces parents dominateurs et ils se justifient avec «c’est pour ton bien ». Ces parents ont une profonde insatisfaction et une peur d’être abandonnés. L’indépendance de l’enfant est une menace pour eux.

 

- L’autorité peut être manifeste, c’est alors un contrôle direct qui s’accompagne souvent d’intimidation et d’humiliation. Les sentiments et les besoins de l’enfant doivent se subordonner à ceux des parents, leur opinion n’a aucune valeur, leurs besoins et désirs ne sont pas importants.

S’il accède à l’indépendance, les parents sont au désespoir, ces derniers utilisent alors des tactiques comme le retrait de l’affection ou la prédiction de catastrophes pour faire revenir l’enfant. Celui ci se sent alors coupable, en colère, frustré et avec le sentiment profond d’avoir trahi ses parents.

L’argent est également un moyen utilisé pour tenir les enfants dans un état de dépendance.

Certains parents dominateurs contrôlent leurs enfants en les traitants comme s’ils étaient faibles et incapables, alors que cela ne correspond pas à la réalité. L’enfant puis l’adulte doit continuellement faire ses preuves et il n’y a jamais approbation des parents.

- Les parents manipulateurs

Si la manipulation est un instrument de contrôle délibéré, elle devient destructrice. Les parents cachent leurs motivations, l’enfant est dans la confusion.

Les parents jouent au « bon samaritain » en provoquant des situations où l’enfant a besoin d’eux.

L’enfant n’est plus libre et le sentiment de compétence est étouffé. S’il essaie d’exprimer sa frustration, il se sent coupable devant la « bonté » du parent et ce dernier prend des attitudes de « martyr » (avec tout ce que j’ai fait pour toi)

Il y a souvent dépression chez l’adulte qui avait de tels parents.

La rivalité fraternelle est également utilisée en comparant les enfants, les uns aux autres. L’enfant est alors poussé à faire ce que les parents désirent pour regagner leur faveur.

Il y a 2 façons de réagir, mais dans les deux cas on est contrôlé par les parents :

- La capitulation.

- La révolte. En se révoltant l’enfant essaie de se libérer de la fusion et du contrôle étouffant.

C’est une révolte autodestructrice car en réaction à un parent et non une manifestation active de libre choix. Elles peuvent subsister longtemps après la mort des parents qui exercent une sorte de contrôle outre-tombe. Les croyances et la culpabilité transmises par les parents morts continuent à diriger les personnes restantes.

 

3) Les parents alcooliques

L’alcoolisme est un secret de famille, on dénie la réalité, on ment, on excuse, on dissimule. Cela entraîne le chaos émotionnel chez l’enfant, il ressent beaucoup de honte. Le secret devient un ciment qui unit pour maintenir la cohésion de la famille. On joue à la « famille normale », l’enfant n’arrive plus alors à développer un sentiment de confiance en lui, s’il doit constamment mentir sur ce qu’il pense de lui. Il se sent coupable, a peur de révéler le secret et pour ne pas trahir la famille, il devient solitaire. Il développe une loyauté perverse envers les personnes qui partagent son secret.

Les enfants de parent alcoolique deviennent extrêmement tolérants pour accepter l’inacceptable.

Il arrive souvent qu’ils se marient eux aussi à des alcooliques ou à des personnes violentes.

Pourquoi cette répétition du passé ? La recherche des mêmes schémas émotionnels familiers est une pulsion commune à tout le monde, même si les sentiments qu’ils entretiennent sont douloureux ou destructeurs.

Ce qui est familier procure une impression de réconfort et une structure pour notre vie.

Nous connaissons les règles et nous savons à quoi nous attendre. Plus important, nous reconstituons les conflits du passé parce que cette fois, nous espérons leur trouver une bonne solution. Cette reconstitution de vieilles expériences douloureuse est appelée «schémas de répétition».

Dans ces familles d’alcooliques les enfants jouent un rôle qui leur est attribué:

 

- L’enfant prend le rôle du parent, car l’alcoolique « l’enfant terrible » de la famille ne laisse de place à aucun autre enfant dans la famille. L’enfant est alors ignoré, il n’a pas le soutien émotionnel dont il aurait besoin. Il se sent invisible, responsable des sentiments des autres et ne veut causer de chagrin à quiconque. Il se sent coupable car incapable d’arranger la vie des parents.

 

- L’enfant copain : pour ne pas être battu, il boit avec le parent alcoolique. La boisson devient un lien, un secret. L’enfant ressent ça comme de la camaraderie, de l’amour, de l’acceptation. Dans leur avenir, ils deviennent eux mêmes souvent alcooliques en se conformant aux comportements de leurs parents, en les imitant et en s’identifiant à eux.

 

- L’enfant méfiant, l’enfant culpabilisé : les enfants de parents alcooliques ont peur de l’intimité, ils ont appris que les gens qu’ils aiment sont imprévisibles et qu’ils leur feront mal. Ils sont donc méfiants et persuadés que s’ils laissent quiconque l’approcher de près, on leur fera du mal avant de les laisser tomber. Les parents alcooliques sont totalement imprévisibles, bien un jour, mal le lendemain. Les règles changent sans cesse, l’enfant n’est jamais à la hauteur. Il est systématiquement critiqué, il devient un bouc émissaire et même responsable de l’éthylisme. L’enfant se sent coupable, il se livre à des comportements autodestructeurs (délinquance) ou se punit soi-même en manifestant des symptômes émotionnels et physiques.

 

- L’enfant en or : certains doivent être le héros de la famille. Il est poussé par les compliments. Il s’épuise alors sans pitié pour lui même vers une perfection impossible à atteindre. Son estime personnelle devient tributaire des félicitations, des récompenses et de ses performances scolaires, au lieu d’être fondé sur une confiance intérieure. Ils ont souvent le besoin de diriger tout et tout le monde, parfois par la manipulation qui éloigne d’eux ceux qu’ils aiment.

 

- L’enfant accusé : le conjoint sobre de l’éthylique est souvent co-dépendant ou permissif. Il s’établit dans les familles alcooliques un équilibre précaire. Tout essai soit par l’alcoolique ou un autre membre de la famille de s’en sortir déséquilibre l’ensemble. Il arrive que le co-dépendant n’ait pas envie que cela change, car il retire souvent de cette situation des bénéfices comme admiration, pouvoir sur la famille.

Les enfants de parents alcooliques espèrent souvent que la vie de famille va changer.

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4) Les violences verbales, lorsque les marques sont intériorisées

- L’abus verbal consiste à lancer des attaques répétitives contre l’aspect physique de l’enfant, contre ses capacités intellectuelles, sa compétence ou sa valeur en tant qu’être humain.

Ces abus peuvent être :

- directs : en accusant l’enfant d’être stupide, bon à rien ou laid.

- moins directs : railleries, sarcasmes, surnoms insultants, remarques dévalorisantes souvent sous le masque de l’humour.

L’enfant n’est pas capable de faire la différence entre vérité et plaisanterie, entre menace et taquinerie. Il croit ce que les parents disent de lui et ça le marque surtout si ces actes abusifs sont fréquents et cruels. Ces enfants puis adultes, traversent la vie, les nerfs à vifs, s’attendant à être blessés et humiliés. Ils se protègent par la timidité, la méfiance.

Leurs parents ne tiennent pas compte des sentiments de l’enfant ni des effets à long terme de ces paroles sur l’image de soi qui est entrain de se développer chez l’enfant. Ils déclarent souvent que ces violences verbales sont pour l’éducation de l’enfant donc pour son « bien ». En fait ces parents combattent ainsi leurs propres sentiments d’incapacité, ils marquent avec ces attaques, leur supériorité et réussissent ainsi à nier leurs propres sentiments d’incapacité.

- Le parent rival entre en compétition avec son enfant souvent au moment de l’adolescence car il se sent menacé. Une mère voit dans sa fille une rivale qu’elle dénigre. Un père ressent une menace peser sur sa virilité et son autorité alors il humilie et ridiculise son fils. Inconsciemment ces parents veulent faire de sorte que leurs enfants ne puissent pas les surpasser. Les enfants reçoivent beaucoup de messages inconscients. Ils ne s’autorisent souvent plus la réussite, il arrive qu’ils sabotent celle-ci et qu’ils se mettent comme limites de ne pas surpasser les parents.

 

- La trace indélébile des insultes : les insultes cruelles, les sermons, les accusations et les noms avilissants infligent de grands dégâts à l’estime de soi d’un enfant et y laissent de profondes cicatrices psychologiques. Ces abus portent préjudice à la confiance en eux mêmes, en leur propre valeur.

 

- Les parents perfectionnistes imposent à leurs enfants des buts, des ambitions impossibles à atteindre, des règles toujours changeantes. Ils attendent de leurs enfants de réagir avec un degré de maturité difficile à atteindre car ils n’ont pas l’expérience nécessaire. Si l’enfant échoue, il devient un bouc émissaire pour endosser les problèmes familiaux. Ils le tyrannisent avec des exigences de perfection et se servent des violences verbales dévalorisantes pour se sentir eux-mêmes forts et pleins d’autorité. Les enfants de tels parents choisissent en général entre deux voies :

- ils s’épuisent sans relâche à gagner l’affection ou l’approbation des parents.

- Ils se révoltent et choisissent l’échec pour avoir l’impression de ne pas capituler devant les exigences des parents.

 

- Les mots meurtriers tels que «j’aurais mieux fait de prendre la pilule!» «tu as gâché ma vie!» infligent une souffrance et la confusion chez l’enfant. Il emmagasine ces messages et il présente souvent des tendances suicidaires à l’âge adulte comme pour réaliser cette «prophétie». L’enfant croit ce que disent son père, sa mère de lui. Il intériorise, c’est à dire intègre dans son inconscient. Il pense alors vraiment qu’il est mauvais, bon à rien : il doute qu’il soit capable, estimable, digne d’amour.

 

5) Les sévices corporels

C’est tout comportement qui inflige une grande douleur physique à un enfant qu’il laisse ou non des traces apparentes. Si les sévices corporels dépassent une certaine limite c’est un crime contre l’enfant.

Ce type de parents abusifs présente un grand manque de contrôle dans leurs impulsions. Quand ils éprouvent de forts sentiments négatifs, ils frappent leurs enfants pour se défouler. C’est une réaction automatique et les coups sont une seule réponse sous l’effet du stress. Ces parents violents viennent souvent de famille où ces abus étaient courants et ils arrivent à l’âge adulte avec sur le plan émotionnel des déficiences et des carences. L’enfant est pour eux un substitut parental qui devrait combler leurs besoins émotionnels. Ils deviennent enragés quand l’enfant n’arrive pas à satisfaire leurs attentes et alors ils les frappent.

L’abus d’alcool, de drogue détruit aussi le contrôle des pulsions.

Un climat de terreur s’installe, les enfants ont peur même pendant les moments calmes car ces abus sont imprévisibles. Ces expériences de violence génèrent une forte crainte durable, d’être blessé et trahi, cette crainte les poursuit toute leur vie. Ils ne font plus confiance, s’attendent au pire de la part des autres, enferment leurs émotions dans une armure et ne laissent personne devenir proche.

 

- La justification

Certains enfants ne sauront jamais ce qui a déchaîné ces actes.

D’autres parents se justifient, essaient d’expliquer :

- en rejetant la faute sur une tierce personne. La véritable cause de la violence ne disparaît pas, la colère donc la violence pourra à nouveau se déclencher.

- En affirmant que « c’est pour le bien de l’enfant » pour son éducation afin qu’il ne tourne pas mal, qu’il devienne plus endurant, plus brave et plus fort.

Les recherches montrent que les coups n’ont qu’un effet dissuasif temporaire, mais qu’ils créent chez l’enfant des forts sentiments de rage, d’impuissance, de rêves de vengeance et de haine de soi.

 

- La violence passive

Un parent qui reste là en laissant ses enfants se faire brutaliser sans intervenir est coupable d’abus passifs. Il n’intervient pas par peur, par dépendance ou par besoin de maintenir le statuquo de la famille. Ces parents passifs deviennent eux mêmes des enfants effrayés, faibles, passifs face à la violence du conjoint, alors ils abandonnent leur enfant en se protégeant. Il arrive que leurs enfants battus les excusent et les protègent parce qu’ils voient en eux également une victime.

 

- L’apprentissage de la culpabilité

Les enfants acceptent d’être tenus pour coupables des crimes perpétrés à leur égard. Ils croient les mensonges que les parents leur font croire : « Tu es méchant, c’est de ta faute si je te frappe». Ces mensonges ne sont pas remis en question par l’enfant même à l’âge adulte parce qu’ils viennent des parents qui savent tout et disent vrai. L’enfant se prend à se dégoûter de soi même.

 

 

 

- Mauvais traitements et amour

Il y a parfois association de mauvais traitements et moments de tendresse. Ces messages de natures différentes augmentent la confusion chez l’enfant.

 

- L’enfant gardien du secret familial

L’enfant ne veut pas trahir le secret familial, il est effrayé, il a peur des conséquences. La relation avec les parents devient une comédie, on essaie de donner à l’extérieur l’image d’une famille normale.

 

- La maltraitance : un carrefour émotionnel

Les enfants maltraités ont en eux un chaudron de rage qui bouillonne. Quand ils sont adultes, cette colère refoulée peut s’exprimer de plusieurs manières : comportements violents (jusqu’au crime), somatisation (mal de tête), dépression. Ils ne deviennent pas forcement des parents violents, au contraire ils peuvent avoir beaucoup de difficultés pour appliquer une discipline à leurs enfants.

 

6) Violences et abus sexuels

L’inceste est sans doute l’expérience humaine la plus cruelle, la plus perverse.

Définition de l’inceste :

- du point de vue légal, c’est le rapport sexuel entre parents de même sang.

- Du point de vue psychologique, l’inceste inclut les contacts physiques avec la bouche, les seins, les parties génitales, l’anus ou autre partie du corps de l’enfant dans le but de provoquer l’excitation sexuelle de l’agresseur. Celui ci n’est pas obligatoirement un parent de sang, il peut être un parent par alliance ou remariage ou un proche.

Il y a d’autres types de comportements incestueux ou il n’y a pas contact avec le corps de l’enfant comme : l’exhibitionnisme, la masturbation en présence de l’enfant, faire poser l’enfant pour des photos pornographiques, épier l’enfant quand il est nu, faire des remarques corruptrices et sexuellement explicites à l’enfant.

Tous ces comportements exigent le secret.

Ces actes incestueux avec ou sans contacts sont destructeurs sur le plan émotionnel pour l’enfant.

 

- Une « si gentille famille »

La plupart des familles incestueuses donnent une image tout à fait normale au reste du monde, elles gardent cette apparence pendant de nombreuses années, parfois pour toujours.

L’enfant cède soit parce qu’il y a coercition (contrainte) psychologique ou parce qu’il y a menaces de sévices corporels, d’humiliation, d’abandon ou de mort.

 

- Pourquoi les enfants ne dénoncent pas

Les agresseurs utilisent souvent la menace pour faire taire la victime : « je te tuerai…je te battrai…personne ne te croira… j’irai en prison… ça rendra maman malade… »

D’autres agresseurs ont recours à la violence physique, la majorité des enfants abusés sont maltraités sur le plan émotionnel et physique.

L’enfant garde le silence non parce qu’il a peur de la violence, mais il craint de désunir la famille en causant des ennuis à l’un des parents, la loyauté est très puissante.

L’enfant agressé perçoit l’interdit et la honte dans le comportement de l’agresseur. Ils savent qu’ils sont violés, ils se sentent salis. Ils intériorisent la faute et ils sont persuadés que c’est entièrement leur faute. Cette pensée nourrit de forts sentiments de dégoût de soi et de honte.

L’enfant refuse de considérer que le parent est mauvais.

Il pense que personne ne va croire leur horrible secret, il se sent seul à l’intérieur et à l’extérieur de la famille. Cette solitude le ramène vers l’agresseur le seul à leur accorder de l’attention.

Certaines filles victimes de leur père se sentent coupables d’avoir trahi leur mère et cela augmente encore leur culpabilité.

 

- La jalousie parentale

L’inceste lie la victime à l’agresseur d’une façon intense et folle. En particulier dans le cas père/fille, le père devient souvent obsédé par sa fille et fou de jalousie vis à vis des garçons avec qui elle sort. Il vit cela comme une trahison, un rejet, une infidélité et un abandon. Il arrive de la battre de la menacer verbalement pour lui mettre dans la tête qu’elle n’appartient qu’à un homme, à papa. Ces messages sont aussi destructeurs que l’inceste lui même car à l’âge adulte ils l’empêchent de vivre normalement l’attachement à une autre personne. Ces victimes d’inceste prennent souvent l’obsession pour de l’amour, elles ont de la peine à se convaincre qu’elles sont victimes.

 

- Recouvrir le volcan

Beaucoup de victimes ne gardent pas le souvenir des évènements, il y a amnésie totale ou partielle, mais ils peuvent resurgir brutalement suite à des événements (naissance, mariage, mort) ou lors d’une thérapie. L’inconscient protège ces victimes de ces souvenirs, et il les laisse resurgir quand la personne est prête à les affronter.

 

- Le partenaire silencieux

Beaucoup de victimes éprouvent plus de colère envers la mère qu’envers leur père, l’agresseur. Elles se posent la question «pourquoi ne m’a elle pas protégé? » Il y a :

- Celles qui ne savent rien.

- Le partenaire silencieux qui choisit d’ignorer les indices de l’inceste en espérant se protéger et protéger la famille.

- la mère qui apprend que les enfants sont violés et ne fait rien : c’est la plus coupable.

Souvent ces partenaires silencieux ont été eux mêmes maltraités au cours de leur enfance. Ils souffrent d’une faible estime de soi et l’inceste leur fait revivre les affres de leur enfance.

 

- L’héritage de l’inceste

Les adultes violentés pendant leur enfance ont hérité trois sentiments :

Celui d’être Dégoûtant, Détruit, Différent (les trois D). Les sentiments de dégoût de soi entraînent parfois les personnes dans des relations avilissantes avec exploitation et trahison. Ils revivent ainsi le scénario familial.

La plupart ont des difficultés dans les relations amoureuses, soit l’amour physique les répugne ou alors ils sont hyperactifs sexuellement ce qui augmente encore leur dégoût d’eux mêmes.

Certains retournent contre eux mêmes la douleur et la rage, ils souffrent alors de dépression, de migraines ou prennent du poids.

D’autres cherchent la punition, ils se prostituent, sabotent leur travail, deviennent des délinquants.

Paradoxalement les victimes d’inceste restent souvent attachées à leurs parents, elles ne veulent renoncer au mythe de la famille heureuse, et rechercheront toujours l’amour et l’approbation des parents.

 

 

III. LE « SYSTÈME » FAMILIAL

La famille est un « système de personnes liées par des rapports actifs ; chaque membre a une influence profonde sur l’autre parfois inconsciemment. C’est un réseau complexe d’amour, de jalousie, de joie, de culpabilité et autres émotions.

Le système familial représente toute la réalité de l’enfant et il prend les décisions en fonction de ce qu’il a appris dans sa famille. Ce système est le résultat d’accumulation de sentiments de règles et de croyances transmises de génération en génération par nos ancêtres.

 

- Les croyances familiales sont des attitudes, des perceptions et des concepts profondément enracinés, à propos des gens, des relations et de la morale. Elles déterminent le comportement des parents avec les enfants et la conduite à attendre de la part des enfants. Si les parents sont toxiques ces croyances sont presque toujours égocentriques, elles font du tort à l’enfant. Par exemple « les enfants doivent du respect aux parents en toutes circonstances ».

Les parents toxiques s’opposent à toute réalité extérieure remettant en question leurs opinions.

L’enfant manque de subtilité pour distinguer la vraie réalité de la réalité déformée. Ces croyances peuvent être sous forme de conseils : « tu devrais », « il faudrait », « moi, à ta place » ou alors elles sont inexprimées, mais perceptible d’après le comportement et transmises inconsciemment.

 

- Les règles sont les manifestations des croyances. Elles entraînent une contrainte.

Quand les règles sont exprimées clairement « Fais et ne fais pas », elles ont l’avantage de pouvoir être remises en question. Ce qui n’est pas le cas pour les règles inexprimées « ne m’abandonne pas », « n’arrête pas d’avoir besoin de moi », il est plus difficile de les identifier.

Les enfants suivent ces règles familiales par loyauté pour ne pas trahir la famille. Ce besoin inconscient d’obéir éclipse leurs besoins et désirs conscients. Pour être capable d’exercer le libre arbitre, il faut faire la lumière dans l’inconscient, démasquer et rejeter ces règles destructrices.

 

- Les limites

Les familles dis-fonctionnelles découragent l’expression individuelle. Il y a fusion, on gomme les limites personnelles, on soude ensemble les membres de la famille. Les sentiments, les comportements, les décisions n’appartiennent plus à la personne, elle est un appendice de la famille. Dans ces familles, l’identité et l’illusion d’être en sécurité dépendent en grande partie de cette sensation de fusion. Elle crée une dépendance presque totale d’une approbation extérieure. On a très peur d’être rejeté.

 

- L’équilibre familial

Chaque famille crée son propre équilibre pour atteindre une certaine stabilité. Dans une famille toxique garder l’équilibre est un véritable exploit, le chaos étant leur façon de vivre. Souvent il arrive que les parents toxiques augmentent le chaos pour ramener la famille à son équilibre connu, sécurisant, mais malsain. Ils essayent de maintenir cet équilibre par :

- la dénégation, elle minimise, réduit ou débaptise le comportement destructeur (quelqu’un qui bat son enfant est un éducateur strict)

- la projection. Pour éviter la responsabilité de leur propre comportement, les parents ont besoin d’un bouc émissaire, ils choisissent l’enfant.

- Le sabotage de l’effort du parent perturbé pour s’en sortir afin de le ramener dans l’équilibre malsain.

- Le secret, c’est un lien qui rassemble la famille surtout quand l’équilibre est menacé.

 

Si vous avez lu cet article dans sa totalité ,vous avez fait un énorme pas vers l'autonomie et je vous en félicite.

Si vous désirez de l'aide n'hésitez pas à me contacter

 

 

Pour allez plus loin...       guérir les blessures de l’enfance livres fnac nicole pierret espaces de thérapies emotionnelles1.JPG

 

 

 



09/05/2016
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