Espace de Thérapies Emotionnelles

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Les répercussions de la maltraitance infantile sur l'adulte

Quand un enfant subit des mauvais traitements, corporels ( physiques et/ou sexuels) et/ou psychologiques de façon récurrente, les conséquences sur le développement à la fois physique et psychologique de cet enfant sont observables durant le temps où l’enfant y est exposé ; mais, de plus, ces conséquences risquent de s’inscrire sur le long terme quand l’enfant est devenu grand adolescent et adulte.

On parle alors de séquelles, les phénomènes de résilience et/ou de récupération ne s’exprimant pas chez tout un chacun au même degré et pas nécessairement dans tous les domaines: par exemple, on peut très bien réussir sa vie professionnelle, artistique, sportive ou autre et avoir une vie personnelle chaotique car ces séquelles sont le plus souvent manifestes dans la sphère émotivo-affective de la personnalité qui peut, elle aussi, être atteinte de façon globale dans son fonctionnement. 

 

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1/ Les mauvais traitements.

Quels sont-ils ?
Il y a ceux qui sont que l’on voit de suite à l’exemple des brutalités physiquement appliquées qui peuvent être bien identifiées à l’examen corporel.

Il y a ceux qui mettent du temps à être identifiés comme les agressions sexuelles et/ou violences psychologiques à répétitions.

Les violences sexuelles sur les enfants restent longtemps muettes (parfois seront-elles jamais rapportées comme nous le supposons ou alors bien longtemps après les faits) car d'une part le jeune enfant ne sait pas dire ce qui lui arrive; d'autre part son agresseur est toujours là pour exercer des pressions pour qu'il reste dans le silence; puis, un peu plus tard, quand adolescent et/ou jeune adulte, il perçoit l'énormité des situations que lui a fait vivre son agresseur, honte et haine sont si profondes qu'elles s'annulent l'une, l'autre, faisant que, inconsciemment, ces épisodes sont refoulés au plus profond du cerveau.

Les violences psychologiques sont elles-aussi vécues en silence par l'enfant car, dans ce cas-ci non plus, il ne comprend rien à ce qui s'abat sur lui, ne pouvant s'expliquer la méchanceté de l'adulte qui l'agresse et sa cruauté, ces manifestations s'exprimant sous forme de:

-         brimades comme « tu as envie de çà ou bien tu veux faire çà, eh bien on fera le contraire juste pour t’apprendre et te montrer qui commande ici»,

-         accusations infondées comme « c’est encore toi qui a cassé tel ou tel objet » alors que l’enfant n’y est pour rien,

-         punitions par interdictions comme « tu ne sortiras pas », « je t’interdis de jouer avec tes copains »,

-         privations de récompenses faites soit directement, soit de façon indirecte comme le sont les promesses non tenues,

-         humiliations verbales « t’es un incapable, tu ne feras jamais rien, t’es un bâtard, t’es fou, il faut t’enfermer »,

-         les négligences comme ne pas s’occuper de l’enfant, ne pas être attentif et rester indifférent à ses besoins,  que ce soit ceux de faim, de soif, d’hygiène, sans considération pour son développement intellectuel et son éducation sociale

 

2/ Les mauvais traitements de type physique/sexuel et/ou psychologique

Ils sont plus longs à être identifiables et reconnus comme tels :

-  d’une part, leur nature invisible au sens propre du terme, le plus souvent verbale, mais aussi non-verbale comme l’indifférence, le rejet, la négligence, fait que, surtout dans leur phase initiale, la personne (enfant à adulte) qui est soumise à ces mauvais traitements peut ne pas réaliser ce qui lui arrive et l’entourage peut, lui aussi, ne pas y prêter au début toute l’attention voulue comme on le fait à la vue de coups ou de blessures ; donc, ces mauvais traitements risquent d’être vécus pendant un temps assez long, le plus souvent jusqu’à un « trop plein » de souffrance mentale quand on entend dire « je n’en peux plus » ou « ce pauvre enfant, il souffre » ; « il faut que cela cesse, il faut faire quelque chose ».

-  d’autre part,  leur traduction en symptômes physiques de nature psycho-somatique  comme, par exemple, les cauchemars, les céphalées, les maux de ventre, les vomissements, les réactions cutanées ou en troubles comportementaux comme les crises de colère, les troubles de l'appétit ou l'énurésie, n’est pas toujours immédiate et, quand elle l’est, elle peut être attribuée à d’autres causes que celle de la maltraitance.

A la différence de la maltraitance physique/corporelle, celles de forme physique/sexuelle et de forme psychologique se caractérisent donc chez la personne par des temps de réactions psychologique et somatiques plus longs, le temps que se mettent en place dans le cerveau, organe récepteur/transmetteur, un nouveau mode de fonctionnement neuronal qui est particulier quand la personne est exposée à un stress chronique.

Ce mode particulier de fonctionnement neuronal aura des conséquences graves certes sur les fonctions physiques mais aussi sur le développement psychologique.

3/ Expressions du stress chronique.

Le stress chronique s’exprime sous ses deux formes somatique et psychologique:

a/ physiologiquement, comme mentionné ci-dessus, en réaction aux traumatismes subis, une suite de réactions en chaînes se met en place à partir des modifications dans les échanges intra et extra-cellulaires qui ont lieu dans le cerveau en temps que récepteur/ transmetteur, ces modifications provoquant la sécrétion des hormones du stress qui vont, à leur tour, vont affecter le fonctionnement des organes-cibles ; ce qui va entraîner à terme la formation des symptômes physiques diverses tels qu’asthme, éruptions cutanées, coliques ou constipations, tachycardie, etc., symptômes appelés psycho-somatiques.

A noter que, une fois devenu adulte, on peut garder une fragilité de certains organes : par exemple, s’il faisait de l’eczéma quand petit, l’adulte risque d’avoir des poussées d’eczéma en période de stress ; si enfant, il réagissait par des vomissements, une fois devenu adulte il pourra garder une certaine sensibilité stomacale quand contrarié.

De même,

b/ pour les manifestations psychologiques, celles-ci impliquent directement le fonctionnement du cerveau, organe-siège, entre autres fonctions, de la pensée, de son exercice et de son contrôle, donc organe-siège des cognitions (facultés intellectuelles et perceptuelles) et des réactions psychophysiologiques au monde extérieur soit :

-         attention/concentration, mémoire, raisonnement, jugement,

-         perceptions,

-         émotions et pulsions,

-         sentiments et affects ( affects: tonalités que prennent les sentiments dans leur expression : en exemple, affect chaleureux dans l’expression du sentiment de tendresse).


Quand les dysfonctionnements interneuronaux viennent perturber le cerveau dans sa fonction régalienne qui est celle de l’exercice de la pensée et de son contrôle, ces perturbations se traduisent en ce que l’on nomme « troubles de la pensée».
Ces troubles de la pensée prennent diverses formes allant d’altérations passagères ou prolongées à des débordements ponctuels ou durables, les plus graves étant la perte subite ou progressive du contrôle de la pensée.

Le spectrum de ces manifestations psychologiques sous forme de troubles de la pensée est étendu.

Selon les facultés impliquées, il va de :

- en ce qui concerne les facultés intellectuelles : la défaillance de l’attention avec pour effets immédiats l’affaiblissement de la concentration et donc de la mémorisation, des errements dans les processi de raisonnement et de jugement avec apparition d’une logique idiosyncratique et altération du jugement ou perte de toute logique et de tout jugement allant jusqu'aux délires en particulier délire de persécution ;

- pour les perceptions : de l’impression d’être hors de soi ou de ne plus être soi-même, avec phénomènes de déréalisation ponctuels (phénomène de dépersonnalisation) jusqu’aux phénomènes dissociatifs prolongés avec scission en deux ou en plusieurs « moi » accompagnés ou non d’hallucinations (phénomènes perceptuels intracérébraux faisant intervenir la mémoire sensorielle soit visuelle, auditive, kinesthésique etc.) ;

- pour les émotions : de la tristesse de l’humeur accompagnée d’une difficulté physique et psychique à réagir exprimée par la fatigabilité et l’asthénie à la dépression sévère avec atonie et/ou agitation, crise de larmes profuses, idées suicidaires ;

- pour les pulsions : de leur relâchement ponctuel à l’abandon de leur contrôle sous forme de troubles comportementaux allant des tics et tocs à l’auto-mutilation et les actes psychopathiques, asociaux ou antisociaux;

- pour les sentiments et les affects : de leur trouble ponctuel caractérisés par l’incertitude sur leur authenticité et l’impression de leur irréalité jusqu’aux crises d’angoisse profonde avec peurs diurnes et nocturnes, développement de phobies, et à l’extrême, perte de toute sensibilité et de la tonalité affective qui y est attachée par leur neutralisation (athymie, alexithymie).

Cet ensemble de modifications dans l’exercice de la pensée et de son contrôle s’opère en général en clusters (à plusieurs), avec des intensités différentes, celles-ci s’étendant, dans leur forme la plus bénigne, de l’ajustement de la personnalité aux mauvaises conditions de vie sans qu’il y ait altération majeure des fonctions cérébrales jusqu’à la perte soit ponctuelle, soit totale de la maîtrise de la pensée et donc de son contrôle : nous parlons alors de névroses sévères ou de psychoses.

→ NB : Les troubles de la pensée décrits supra ne sont pas exclusifs au stress chronique comme cause. Il existe d’autres causes possibles pour rendre compte du dysfonctionnement interneuronal de nature cérébrale; cependant, l'état de stress suite à des traumatismes psychologiques à répétition est une des causes à envisager dans l’étiologie des troubles de la pensée au même titre que les causes génétiques, embryonnaires, accidentelles, environnementales ou autres; ce qui n'est pas toujours le cas.

 

4/ Formation de la personnalité chez l'enfant-victime.

Sans en être nécessairement conscient, l’enfant va apprendre à agir et à penser de manière défensive : c’est sa seule protection contre la ou les personnes adultes qui l’agressent ; ou, en d’autres termes, c’est l’instinct de survie qui le fait agir.
Car, à moins de se modeler sur l’agresseur, en devenant soi-même violent, le moyen le plus sûr de se protéger efficacement pour un jeune enfant victimisé face à un adulte agresseur, surtout sur le long terme, c’est de développer la défense passive en apprenant, le plus souvent, de manière inconsciente des mécanismes psychiques adaptés à sa condition et à sa portée de jeune enfant.

Dans les cas extrêmes, quand la maltraitance n’est plus du tout supportable pour l’enfant, le seul mécanisme de survie qui lui reste est la fuite, celle-ci possible sous sa forme physique avec les fugues, les disparitions ou le suicide, et/ou sa forme psychologique avec les phénomènes dissociatifs de la pensée, repli sur soi, retrait dans un monde fantasmatique, schizoïdie, à la limite, délires avec ou sans hallucinations quand devenu grand adolescent ou adulte.

Parmi les ajustements de personnalité qui sont induits par le stress vécu de façon continue et, dans le cas envisagé dans le présent écrit, celui de la maltraitance, citons les plus facilement reconnaissables et les plus fréquemment observés chez les jeunes enfants:

-         le refus de s’exprimer, mutisme : on parlera de « blocage », d’enfant « buté » ;

-         ou  bien, dire « oui » à tout ou son contraire, dire « non » pour tout : on dira que l’enfant est soit « très mignon » soit «  très vilain »; on lui trouvera un « caractère  facile » ou son contraire, un « caractère opposant » ;

-         absence de réactions (enfant qui ne bouge pas, ne remue pas, presque « invisible », atone) ou bien son contraire, énervé, hyperexcité, (cherchant la bagarre) : on dira qu’il est soit « renfermé », soit « agité, un brin provocateur » ;

-         le refuge dans les rêveries et les fantasmes s’inventant des histoires (on dira que l’enfant est rêveur, pas concentré, ou plus grave « menteur », « mythomane »).

 

5/ Les répercussions à l’adolescence et à l’âge adulte dans le développement de la personnalité.

En fonction de la durée des épreuves subies par l’enfant et de leur intensité, il y a risque pour l’enfant, le jeune adolescent de présenter à la grande adolescence et à l’âge adulte (jeune ou moins jeune) des séquelles de ces traumatismes repérables dans les caractéristiques de personnalité.

Comme il en est avec toute forme d’apprentissages qui sont autant de conditionnements et surtout avec ceux appris durant l’enfance, c’est-à-dire ceux qui résistent le mieux à l’épreuve du temps, les apprentissages conduits durant l’enfance, qui sont maintenus à l’adolescence, vont le plus souvent laisser leur empreinte durablement et, parfois, cette empreinte demeurera indélébile tant les mécanismes de défense utilisés dans les situations prolongées de maltraitance en vue de se protéger sont inscrits dans le cerveau de la personne victime en se transformant en mécanismes-réflexes de survie ou conditionnements.

Les réflexes mentaux de protection et survie appris très tôt, quand ils se sont révélés efficaces durant l’enfance et la jeune adolescence, vont faire partie intégrante des mécanismes de pensée et donc du répertoire de conduites, façonnant ainsi la personnalité du grand adolescent/adulte.

a/ quand les séquelles (réflexes de protection/survie) sont généralisées à l'ensemble des mécanismes de la pensée et du répertoire des conduites, les caractéristiques principales de la personnalité observées à la grande adolescence et à l'âge adulte sont:

-  le manque d’assurance ; manque de confiance en soi et dans autrui ; peur de s’exprimer se faisant « une montagne » de tout ; appréhension dans la façon dont on est perçu par autrui, d’où tendance aux ruminations et à la formation d’idées paranoïdes et ce, d’autant plus qu’on garde ces idées pour soi, sans les tester auprès d’autrui ;

- passivité (se laisse dominé), peu réactif ; attend que les autres prennent les décisions ; se retranche facilement derrière les paroles et les actes d’autrui donc,

3 - sens des responsabilités fragile pour cause des difficultés à s’assumer ; a plutôt tendance à projeter sur autrui ce qui peut lui arriver ;

4 - plus dans l’expectative et le renoncement que dans la formulation de projets et de leur réalisation ;

-  force du moi ébranlée, volonté affaiblie d’où une motivation toujours à renouveler ; capacité à réagir de façon positive difficile, plus prêt à lâcher prise qu’à lutter d’où

- conduite d’abandon face à l’échec, vite découragé (« je n’y arriverais jamais, je n’en suis pas capable, ce n’est pas pour moi, ce n’est pas la peine », etc.) ;

- auto-dévalorisation (se blâme facilement) ou, de façon plus légère, auto-dérision (se ridiculise devant les autres).

- préfère rester sur son quant-à-soi, ce qui entraîne des difficultés à se faire des amis et relations, en particulier dans les sphères personnelle et intime et à les garder de façon durable, d’où

- tendance à l’introversion, sans vouloir ou accepter de partager idées, émotions ou sentiments avec autrui : à l’extrême, alexithymie ou incapacité totale de parler de ses propres émotions et sentiments.

On parlera alors de personnalité à tendance victimaire.

→ NB: ces différents traits de personnalité n'ont de sens comme indices de mauvais traitements durant l'enfance que pris dans leur ensemble. Retenus un par un, leur signification comme seul indice de maltraitance est minorée.

b/ quand dans leur forme restreinte d'expression, les séquelles sont circonscrites au domaine socio-affectif (indices 8 et 9). Elles sont repérables dans leurs répercussions sur la vie relationnelle que mène la personne, vie sociale, mais surtout personnelle ou intime, échanges et proximité de l’autre étant parfois source d’angoisse et même de frayeur, l’hypersensibilité quand présente ne faisant que renforcer méfiance, doute et scepticisme vis-à-vis d’autrui.

On parlera d'une personne distante, introvertie.

Dans ce cas-ci, plus que dans la performance intellectuelle, artistique ou autre, qui peuvent s’épanouir à l’âge adulte après une période de latence ou de mise entre parenthèses, la mise en place des réflexes conditionnés de protection et de survie, quand seule la sphère émotivo-affective a été neutralisée, donne lieu à un mode de pensée particulier et des attitudes spécifiques face à autrui sans casser la personnalité comme il en est avec des personnes à tendance victimaire.

En résumé, quand l’enfant subit des maltraitances de façon chronique, ce qui était au début, une souffrance muette de nature psychologique devient au fil du temps souffrance visible à la fois dans ses caractéristiques physiques et mentales qui risquent de perdurer à l’âge adulte, principalement dans le domaine socio-affectif, la vie relationnelle étant la plus touchée alors que le processus de réalisation de soi est épargné et peut être même renforcé.

Ce sont principalement des répercussions psychologiques qui vont affecter la personnalité et le caractère de façon durable.

Les répercussions de type physique seront plus réactionnelles comme par exemple un accès d'eczéma, une crise d'asthme, des nausées avec perte d'appétit lors d'une contrariété ou d'un choc plus important.

Depuis quelques années, la parole et la pensée des adolescents et des jeunes adultes se libérant, les réticences à se confier à un thérapeute disparaissant, la recherche d'une écoute étant de mieux en mieux acceptée, une démarche qui entre dans les moeurs, les secrets qui ternissaient leur vie, les hantaient ou les empêchaient de vivre comme ils l'auraient souhaité sont dévoilés.
Dans ma pratique, au cours de ces dernières années, j'ai entendu les récits de jeunes femmes et de jeunes hommes ayant vécu durant leur enfance et, pour quelques uns d'entre eux, jusqu'à la fin de leur adolescence, dans un état de stress chronique: hantise d'attouchements sexuels commis par un membre de leur entourage, manque d'affection, de tendresse et d'attention d'une mère froide et/ou indifférente plus préoccupée de sa vie de femme que de mère, père dur, violent, alcoolique parfois, prompt à donner des coups, à infliger des punitions sans que l'on sache pourquoi, cette mère et/ou ce père l'insulte à la bouche, prêts à humilier l'enfant par des propos et des remarques indignes d'une figure parentale.

En dehors d'un parcours professionnel parfois brillant, toutes ces jeunes personnes, hommes et femmes, présentaient cependant un tableau psychoclinique commun sur plusieurs points et c'est ce qui me fit réfléchir sur l'influence à long terme de la maltraitance, même une fois disparue, mais toujours au rang des souvenirs.

Voici les symptômes psychologiques résiduels à l'âge adulte du stress chronique vécu pendant l'enfance tels que je les ai répertoriés:

une humeur de tendance dépressive sur fond de mélancolie avec attitude plutôt taciturne et réservée, parfois effacée; personne qui pourra être résignée face aux difficultés de la vie, cherchant même parfois à les provoquer, en particulier quand elles apparaissent dans la relation de couple.

angoisse diffuse généralisée de type existentiel avec préoccupations ou inquiétude sur tout, s'attendant à ce que quelque évènement tragique vienne à lui barrer la route, voyant toujours le pire à sa porte: on dit de cette personne qu'elle est "une grande anxieuse, une grande angoissée".

doute sur soi y compris quand il y a réussite socio-professionnelle, et manque de confiance en autrui qui s'apparente plus à cet âge adulte à de la circonspection malgré un entourage stable et sécurisant. Cette circonspection est observable principalement dans la relation de couple; d'où le besoin d'être toujours réconforté, rassuré tant sur soi que sur l'amour et l'affection que lui porte le conjoint. Aura tendance à provoquer le conjoint dans un "testing des limites" pour voir si celui-ci ou celle-ci l'aime vraiment et compte rester avec lui ou elle; ce qui déstabilise ce conjoint et le perturbe, quitte à l'irriter.

personnalité de tendance passive-agressive explicable par la difficulté à montrer ses sentiments négatifs, tout comme les positifs par ailleurs, s'étant conditionné à intérioriser son ressentiment, parfois sa haine par peur d'être puni, ayant appris à n'être qu'un minimum responsable de ses actes quand les figures parentales lui ont enlevé toute velléité d'autonomie par les brimades, humiliations et autres mauvais traitements, donc qui aura tendance à rejeter sur autrui blâme ou faute quand il y a, à cause d'une peur ancienne trop intense vis-à-vis de la personne adulte, peur qui ne peut être oubliée.

- les quatre caractéristiques énoncées supra risquent de rendre les relations amoureuse et de couple plutôt difficiles sans oublier des relations de parent à enfant tout aussi chaotiques quand l'enfant maltraité devenu parent se surprend malgré lui à reproduire le modèle parental négatif.

Que se passe-t-il dans le couple? Facilement atteint dans sa sensibilité et prompt à se replié sur lui-même, quitte à donner l'impression d'être une "loque"* devant l'adversité, l'adulte qui a été maltraité quand enfant, ne peut avoir vraiment confiance en autrui, lui tend des pièges pour savoir si l'autre l'aime; il hésite ou même refuse de prendre des décisions et laisse l'autre les prendre pour lui ou pour l'ensemble de la famille; des attitudes faites d'ambivalence qui déstabilisent le partenaire de vie mais qui sont, de fait, une prolongation de ce que cet adulte a vécu quand enfant, précarité, manque de stabilité, messages contradictoires, incertitude quant aux bons sentiments et à l'authenticité de l'autre, difficulté à s'assumer et à prendre des responsabilités puisqu'on l'empêchait d'agir ou qu'on le critiquait de manière négative.

Ces constats font penser à un phénomène de rémanence, les adultes que je vois en consultation n'ayant pas effacé de leur mémoire les mauvais traitements subis durant l'enfance puisqu'ils continuent à réagir de la même manière qu'autrefois alors qu'il n'y a plus de maltraitance.

Cependant, si la perception idéique, sous forme d'images mentales, des souffrances endurées  peut demeurer dans la mémoire, y compris après une psychothérapie,  ces images n'interfèrent plus avec la vie de la personne quand on parvient à remettre le passé vécu au présent au rang du passé. Dans ce cas, le caractère obsessionnel des images mentales et les émotions négatives qui y étaient rattachées s'effacent. Il faut pour atteindre ce but, en particulier grâce au processus psychothérapique,  contrôler la récurrence des images mentales obsessives et neutraliser leur caractère émotionnel.

 

En résumé, à l'âge adulte, si l'on est parvenu à transcender les souffrances vécues pendant l'enfance et à l'adolescence, malgré les aléas d'une vie relationnelle compliquée, le processus de réalisation de soi reste intact et peut s'en retrouver même renforcé.

 

* Terme employé, quand elle se mettait à crier après lui, par une épouse en parlant de son mari qui, enfant, avait été le "souffre-douleur" de parents alcooliques.

 par Dominique Brunet docteur en psychologie clinique.

 

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10/02/2016
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