Espace de Thérapies Emotionnelles

Espace de Thérapies  Emotionnelles

Nous héritons des blessures des générations passées

Chaque individu est la somme des générations qui l'ont précédé...

Nous héritons à travers nos parents de schémas répétitifs : maladies « héréditaires », reproduction d'histoire de vie, blocages, traumatismes, etc. pouvant venir de dizaines de générations dans le passé, nous empêchant de nous exprimer pleinement et de vivre sereinement. La Psychogénéalogie et l’Épigénétique décrivent déjà certains de ces phénomènes. Il faut savoir que nos cellules contiennent également la mémoire de ce que nos parents, grands-parents, arrières grands-parents et autres ancêtres ont pu vivre et nous raconter, en terme d’ histoire, de maladies, problèmes, douleurs etc. Pour couronner le tout, nous transmettons nous aussi involontairement à nos enfants nos propres peurs, maladies, et mémoires, sans compter celles de nos ancêtres dont nous venons de parler… Il en faut peu pour être “auto-programmé”. Un choc, un traumatisme même bébé pourra se déclencher en maladie à l’âge adulte.

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Avons-nous la liberté de transmettre ce que nous souhaitons ? 
Plus les membres d’un système familial accumulent des facteurs de vulnérabilité, plus le risque de répétition de maltraitance est élevé. A la suite de Kaes et d’autres auteurs, nous pensons que nous sommes tous reliés à une chaîne générationnelle à laquelle on ne peut totalement se soustraire. D’où découle la question : avons-nous la liberté de transmettre ce que nous souhaitons ? Transmission et loyauté participent à l’édifice de notre identité ; les rejeter ou les fuir demande une énergie qui ne servira qu’à l’illusion. On ne laisse pas derrière soi ses loyautés familiales. Le vécu de l’enfant adopté l’illustre avec à propos. Ainsi, on est toujours rattrapé par l’histoire dont on provient. Par ailleurs, nous savons que lorsque nous posons un acte relationnel quel qu’il soit, à visée constructive ou à portée destructrice, il recèle toujours une double finalité : vers la personne elle-même et vers le champ symbolique imaginaire qui en est le corollaire. Dans le vaste domaine des maltraitances, et plus spécifiquement au sujet de la question de la répétition, un indicateur, semble-t-il éloigné de la question centrale mais toutefois pertinent, se dégage dans le chef de l’auteur des faits : le choix de l’éventuel partenaire amoureux dans une perspective de parentalité. Aussi surprenant que cela puisse paraître, cette prise de décision éclaire la position de l’adulte et futur parent concernant les loyautés liées à la transmission. L’être humain éprouve le besoin vital de maintenir l’identité qu’il a construite à partir de son enfance et cherche en conséquence, d’habitude dans le partenaire, des schémas émotionnels familiers. L’homéostasie apporte une impression de sécurité affective et de structure. Il nous arrive également de reproduire des situations problématiques anciennes dans l’espoir de trouver une solution heureuse. Lorsque deux individus souhaitent fonder une famille, ils passent un contrat moral d’adoption réciproque fondée sur l’aide, le soutien mutuel. Le couple risque de reproduire les schémas d’interaction qu’ils ont eux-mêmes connus durant l’enfance ; si les deux partenaires “combinent” leurs carences affectives, la menace de passer à l’acte violent est grande tant entre eux qu’envers les enfants. La loyauté transgénérationnelle intervient au moment du choix amoureux, ou du moins est présente inconsciemment. Ainsi, si une femme, maltraitée dans son enfance, choisit un partenaire doux et respectueux, elle disqualifie d’une certaine manière l’attitude de sa propre mère étant donné qu’elle parvient à rompre le cycle de la violence ; elle devient déloyale à sa mère qui lui a pourtant donné la vie. La dette morale augmente et, avec le temps, alors qu’elle avait tout pour être heureuse, elle risque de détruire ce qu’elle s’était autorisée à construire au fil des ans, par exemple, en précipitant une séparation. Cette destinée néanmoins n’est pas inéluctable. Quoi qu’il en soit, même si la maltraitance renferme des facteurs alimentant un cercle vicieux, sa répétition est un phénomène que l’on peut éviter. à l’individu de faire le choix de sa différence en vivant autrement la loyauté et déjà en ne l’ignorant pas. Si l’adulte s’en prend à l’enfant pour deux grandes catégories de raisons, la seconde n’est pas toujours considérée à sa juste valeur par les professionnels trop soucieux d’agir, certes dans une visée de protection. Est-il si rare que ceux-ci s’arrêtent aux éléments de la réalité synchronique de la dynamique maltraitante ? On interrompt l’agression, on protège d’un côté, on punit de l’autre ; mais a-t-on par là arrêté le cycle de transmission et le processus des loyautés ? Non, que du contraire ! Une intervention opérante exige une préoccupation constante des deux niveaux que sont, d’une part, les faits dans la réalité et leur inscription dans un contexte socio-affectif propre, et d’autre part, leur lien signifiant avec l’histoire singulière des membres d’une famille. Pour conclure dans une visée thérapeutique, l’on ne peut que soutenir que le fait de ne pas reconnaître, ne pas énoncer, “ne pas parler la maltraitance” augmente la menace de “chronification” ; moins on nommera, plus le risque de répétition augmentera. L’humain est de la sorte composé qu’il est traversé de forces homéostatiques, renforcées entre autres par la dépendance d’un certain plaisir lié à la transgression. D’un jeu à deux acteurs “agresseur / victime”, voire parfois à trois “agresseur / victime / sauveur”, l’intervention thérapeutique propose un modèle à n+1 protagonistes, agresseur / victime / sauveur / tiers, où ce dernier (le tiers) ouvre sur une lecture non seulement synchronique mais également diachronique des événements. La psychothérapie est un travail de mise en récit, d’historicisation selon Cyrulnik. La mise en récit permet, entre autres, de réinscrire l’événement traumatique dans un processus historique là où, auparavant, il était isolé, enkysté. Cette mise en mots, cette nomination, autorise de s’accepter avec les parties sombres de soi et d’articuler les zones clivées de l’affect. Et n’omettons pas de dire que l’enfant perçu comme résilient réalise le dépassement de ce qui fait traumatisme en y associant une énergie psychique réelle ; à trop banaliser le phénomène, on risque de nier le “prix à payer” pour la résilience et dans la suite d’être confronté, parfois bien des années plus tard, au retour du refoulé sous quelque forme que ce soit. 

 

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10/02/2016
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